Avant, quand je regardais la lune…

Avant, quand je regardais la lune, je tentais d’y voir le visage qu’on disait s’inscrire sur sa surface. C’était intrigant, un peu étrange, magique aussi… Je regardais les étoiles, le ciel noir… Et je pensais à cet avenir qui m’attendait.

La tête bourrée à bloc d’espoirs multiples et variés, je me disais que j’avais le temps…

Mes 30 ans me semblaient loin devant. Je n’avais aucune idée de ce que me réservait la vie. Quel homme deviendrait mon mari… Aurais-je des enfants ? Combien ? Des filles ? Des garçons ? Quel métier je ferai ?
L’avenir me semblait doux, plein de jolies surprises. Purée ! J’avais hâte !

Aujourd’hui, quand je regarde la lune, je vois le monde…

Notre monde, celui que nous polluons au quotidien… Cette planète qui nous abrite. Si précieuse et magique, qui nous offre le plus beau de tous les biens : la chance d’une vie.
Quand je regarde le ciel et ses étoiles, j’y vois mes craintes d’un terne avenir pour mes filles. Je ne peux m’empêcher de me demander combien de temps il reste… Combien de temps notre jolie planète saura-t-elle encore nous préserver de l’horreur ? Et surtout, s’il reste assez de temps pour que puissent s’épanouir nos filles et leurs enfants…

Je ne pense plus à la douceur des années à venir. Mes 30 ans sont passés. Je sais, à présent, quelles surprises ils me réservaient. De merveilleuses, de biens belles… Des mauvais moments aussi, de la souffrance, de la peur, des interrogations… Mais de belles découvertes aussi, des réalisations, des projets menés à bien, de beaux moments de vie. Des naissances, une renaissance, peut-être une seconde, un mariage, la naissance de certitudes… Mais toujours des questions, encore et toujours des questions.

Bref, aujourd’hui, je ne regarde plus le ciel avec le regard d’une adolescente mais bien avec celui d’une adulte.

Je réalise tant de choses, trop peut-être.

Même si je mesure avec une force immense quelle chance j’ai de VIVRE, de vivre tout ça, je réalise aussi à quel point vivre fait mal. Mais c’est peut-être ça se sentir vivant… Ressentir la joie comme la peine, la douceur comme la douleur… Des émotions, des sensations, nichées dans les chairs ou dans le cœur… Voilà, vivre c’est aussi avoir mal.

Aujourd’hui, c’est bête, mais j’ai l’impression d’avoir recouvré la vue après des années dans les ténèbres.

Je vois enfin le monde. Mon cœur est submergé d’émotions, de bonnes comme de mauvaises. Je ressens la joie, le bonheur, l’amour… La douleur, la mienne, celle des autres, la peur (la mienne surtout)… Tout est décuplé. Mon corps, mon cœur, eux aussi semblent s’être éveillés.

En fait, c’est tout mon être qui sort de la torpeur et qui voit, qui ressent… Plus que jamais.

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